26/04/2010
Un Avenir à Inventer !
La mise en place d’une réforme des retraites est incontournable. Elle commence ces jours-ci et devra arbitrer entre travailler plus longtemps, payer plus ou accepter une baisse des pensions.
L’accouchement ne se fera pas sans douleur et la discussion sera rude. Il ne faut ni s’en étonner, ni s’en affliger. Le droit à profiter de la vie après des années de travail est l’un des plus grands progrès sociaux du XXe siècle et si dans ce grand débat qui commence aucune piste envisagée ne sera à elle seule suffisante, aucune ne doit être taboue.
On le sait, si rien n’est fait on s’achemine vers des problèmes financiers énormes, même si l’on ne doit aborder le débat sous le seul regard de rapports catastrophiques qui arrivent régulièrement sur les bureaux de tel ou tel ministère.
Alors que l’espérance de vie à 60 ans gagne 1,3 ans tous les dix ans, que le taux de fécondité certes plutôt favorable en France, assure à peine le renouvellement des générations et que les cohortes nombreuses du baby-boom partiront à la retraite jusqu’aux alentours de 2030, le déséquilibre démographique entre cotisants et retraités est en train de s’installer durablement dans notre pays C’est une équation implacable que seul un redressement spectaculaire de l’emploi pourrait démentir. Mais l’emploi clé de toutes les reformes, n’en finit pas de manquer.
Il y a, à n’en pas douter, une urgence à inventer l’avenir pour que les générations qui viennent puissent encore bénéficier de cet immense acquis social. Pour autant, si le problème est financier, les solutions à trouver relèvent d’un véritable choix de société.
Doit-on forcément travailler plus longtemps dès lors qu’on vit plus vieux? Et si oui, faut-il privilégier l’allongement de la durée de cotisation ou relever Page légal ? Mais alors, que faire de ceux qui ne pourraient se maintenir en emploi aussi longtemps ? N’est-il pas logique de payer plus pour nos retraites si elles coûtent plus cher?
Mais alors comment éviter que cela ne pénalise le coût du travail et favorise encore un peu plus les délocalisations? Ne faut-il pas envisager une baisse des pensions pour les plus favorisés ?
La réussite de la réforme dépend de deux conditions essentielles : la clarté des réponses et la justice des solutions.
Il faut que tous les acteurs du débat aient le souci de la simplicité dans les futurs dispositifs retenus. Et puis, la réforme sera condamnée à l’échec si les Français ont la conviction que les efforts ne sont pas équitablement repartis. Syndicats et partis politiques vont devoir changer les « langues de bois » de leurs cuisines internes, pour celles de la vente au service de leurs concitoyens. Une petite révolution !
Jippy
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16/04/2010
Au Coeur des Hommes !
La politiques est aux abois. Elle a perdu sa boussole et ses repères. Elle n’intéresse plus grand monde parce qu’elle a cessé d’être au service du bien commun des citoyens.
La France d’aujourd’hui souffre, les conditions de vie se dégradent, la solidarité n’est plus au rendez-vous et les conditions de travail deviennent de plus en plus difficiles à vivre.
Nous sommes en 1849. Victor Hugo gravit les dernières marches du perchoir.
« Je ne suis pas, Messieurs, de ceux qui croient qu’on peut supprimer la souffrance en ce monde… mais je suis de ceux qui pensent et qui affirment qu’on peut détruire la misère. Remarquez-le bien. Messieurs, je ne dis pas diminuer, amoindrir, limiter, circonscrire, je dis détruire. La misère est une maladie du corps social, comme la lèpre était une maladie du corps humain. Détruire la misère, oui cela est possible ! Les législateurs et le gouvernement doivent y songer sans cesse : car en pareille matière, tant que le possible n’est pas fait, le devoir n’est pas rempli » (1).
Les paroles du vieil Hugo résonnent encore dans l’hémicycle, mais deux siècles et trois Républiques plus tard, l’état de misère de l’Homme ne cesse d’empirer…
L’heure n’est plus aux petites phrases stériles ou à l’idéologie partisane. Elle est à l’action dans l’unité pour sauver ce qu’il reste de l’Homme.
Aux dernières présidentielles, François Bayrou, avant le deuxième tour, avait su tenir ce langage de vérité qu’il l’avait placé en troisième position, à quelques points de Ségolène Royal. Mais entre les deux tours, son « tout sauf Sarkozy » avait « cassé la baraque ». Il venait de briser toute l’espérance qu’il avait fait naître. On connait la suite : Le Modem rassemble aujourd’hui 4% des Français, françois Bayrou continue à parler juste mais plus personne ne l’écoute !
Jean Ferrat qui vient de nous quitter, nous tracepeut-être le chemin. Il était resté le compagnon de route du Parti Communiste sans y appartenir et sans jamais cesser de le critiquer, lui qui jugeait son bialn globalement négatif face à Georges Marchais qui continuait de nier l’évidence. Mais il était surtout devenu dans ce petit village d’Ardèche, celui qui aimait l’Homme par-dessus tout.
Au cul des vaches (2), les politiques pourront continuer à s’y rendre dans le plus grand désordre. Au coeur des hommes, les compétences des uns et des autres devront l’emporter sur les éternelles couleurs de la politique au risque « d’entendre encore le vieil Hugo tonnant dans son exil » (3).
Jippy
(1) relevé sur Envol, mensuel des Fédérations des oeuvres laïques de l’Ardèche (mars 2010). (2) Vagabondage du 11 mars 2010 avant le premier tour des régionales. (3) Ma France de Jean Ferrat.
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09/04/2010
Trop, c’est trop !
La fumée qui sort de la petite cheminée de la chapelle Sixtine pour l’élection d’un pape serait-elle la même que celle qui sortait des fours crématoires des camps d’extermination des nazis contre les juifs ?
Un petit religieux qui n’est rien d’autre que le prédicateur de la maison pontificale (l’Eglise a de ces formules !) semble le penser, lui qui a risqué un parallèle plus que douteux entre les critiques à l’encontre du pape et les persécutions dont le peuple juif a été victime. On était loin de la « joie triomphale de la résurrection » en ces jours de Pâques pour les Catholiques.
Les tensions entre juifs et catholiques avaient déjà été ravivées en décembre quand Benoît XVI avait accéléré le principe de béatification de Pie XII accusé de s’être tu face à l’holocauste, puis début 2009 lors de la levée de l’excommunication d’un évêque négationniste. Ce nouvel épisode suscite une fois encore la colère. Il s’agit bien d’une insulte vis-à-vis des victimes d’abus sexuels et de celles de la Shoah.
Benoît XVI souffre- t-il d’un entourage médiatique défaillant ? Qu’il passe outre et vienne s’expliquer lui-même en public. Il en va de cette clarification entre le Vatican et l’Eglise que tout le monde souhaite. L’Eglise a toujours été malmenée parce qu’elle disait la vérité et « le premier qui dit la vérité, il doit être exécuté » (1). C’était le temps des catacombes et des premiers martyrs.
Aujourd’hui on lui reproche de ne plus dire la vérité. On a un pape qui est plus théoricien qu’historien, il est resté le professeur qui pense que, lorsque un problème est bien posé, il est à moitié résolu. L’Eglise a de la peine à se situer dans ce monde tumultueux où elle ne fait plus la Loi.
« Il règne dans l’Eglise un climat de suspicion malsaine. L’institution fait face à un centralisme romain qui s’appuie sur tout un réseau de dénonciation… L’Eglise est menacée de devenir une sous culture. Le risque demeure que les Chrétiens se durcissent entre eux parce qu’ils ont l’impression d’être face à un monde d’incompréhension. Mais, ce n’est pas en accusant la société de tous les maux qu’on éclaire les gens. Il faut au contraire une immense miséricorde pour le monde. C’est à nous de l’apprivoiser et de nous rendre aimables » (2).
L’Eglise ne recouvre plus toute la société, elle continue d’exister non pas à cause d’un pape contesté, ou d’une morale mal vécue, mais à cause de l’Evangile fondé par la vie et la parole d’un certain Jésus de Nazareth… qui n’était qu’un juif de la maison de David.
Jippy
(1) Guy Béart. (2) Mgr Rovet archevêque de Poitiers (le Monde 4 et 5 avril).
16/03/2010
Que la montagne est belle !
La montagne d’Ardèche est en deuil ! Elle vient de perdre le poète qui l’a si bien chantée. Mais Jean Ferrât n’était pas que le chanteur moustachu de son beau pays. Ses choix artistiques étaient d’abord ses engagements.
Juif, fils de déporté, assoiffé de fraternelle égalité il était un militant. Et sa môme, ce premier texte qui lui valut le prix de l’Académie Charles Cros, cultivait déjà l’érotisme prolétarien, « puisqu’elle ne se rendait jamais à St-Paul-de-Vence »
« Ma morne, elle joue pas les starlettes
Elle porte pas des lunettes, de soleil
Elle pose pas pour les magazines
Elle travaille en usine, à Créteil. »
On dirait déjà du Renaud, un condensé de Comédie un peu canaille. Jean Ferrât ne pensait pas qu’une chanson puisse changer la face du monde, mais il en aimait l’idée.
Pour lui il n’y avait pas de sujet tabou et l’on pouvait tout dire. Il ne s’en privera pas en faisant valser les marins du « Potemkine », les héros de la commune ou les déportés de « Nuit et brouillard ». Nous sommes en 1963, et tandis que Johnny en est encore à ces tendres années, il déboule avec son texte poignant sur les camps de la mort où son père a disparu quelques années auparavant.
« On me dit à présent que ces mots n ‘ont plus cours
Qu’il vaut mieux ne chanter que des chansons d’amour
Je twisterais ces mots, s’il fallait les twister
Pour qu’un jour les enfants sachent qui vous étiez ». (3)
Nul doute que l’émotion de ce texte va être à nouveau au rendez-vous de l’histoire avec la rafle des enfants du Vel d’hiv aujourd’hui sur les écrans.
Le répertoire de Jean Ferrat était aussi un panthéon de lendemains qui chantent, ce que croyaient alors de nombreux Français, même si depuis les banlieues rouges ont perdu de leur saveur et que l’URSS est tombée, avec « tous ses cadavres en pertes et profits » (3). C’est à cette époque qu’il mettra en musique le camarade Aragon et que devant les « beaux yeux d’Elsa » il décrétera que « la femme est l’avenir de l’homme ».
Par son talent et nos oublis il ne restait en mémoire qu’un chanteur engagé certes, mais d’abord un chanteur. C’est une justice pour l’histoire de le rendre à ceux dont il fut le compagnon fidèle.
« Des plaines en forêts de vallons en collines
Du printemps qui va naître à tes mortes saisons
Au grand soleil d’été qui courbe la Provence
Des genêts de Bretagne aux bruyères de l’Ardèche » (4).
Nous n’en finirons pas de chanter ses chansons pour que la montagne soit toujours la plus belle et pour qu’un « air de liberté » flotte encore à l’horizon !
Jippy
(1) - Ville de l’arrière-pays niçois / (2) – « Nuit et Brouillard » Jean Ferrat 1963 / (3) – « Le Bilan » Jean Ferrat 1980 / (4) – « Ma France » Jean Ferrat 1969 /









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